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Journal de Montréal - Robert Ménard - 19 Octobre 2003

Jouer à l'oie des neiges!
Par : Robert Ménard
Le Journal de Montréal
19 octobre 2003
Kamouraska – Vêtus d’un survêtement blan et d,une cagoule blanche, comme
lors d’un exercice militaire dans la neige, nous sommes couchés sur une
chaise longue dans un champ agricole de Kamouraska pour scruter le ciel
pendant des heures. Notre mission, jouer à l’oie des neiges!
Notre « commandant de mission » était Philippe Dupuis, l’un des guides de
chasse à l’oie des neiges les plus réputés du Québec. Il exige de ses
troupes de la discipline : debout à 3h30 du matin, déjeuner à 4h, et tout
le monde dans le champ, une heure avant le lever du jours. Couché sur une chaise artisanale (une conception de Dupuis, bien
entendu!), on doit se fondre dans l’environnement. Grâce à la cagoule et
au survêtement blancs, on doit être perçu, du hait des airs, comme une oie
des neiges (communément appelée oie blanche) parmi les 500 autres
silhouettes blanches déjà présentes dans le champ.
Un imposant arsenal
Dupuis compte sur un imposant arsenal. Il dispose de façon stratégique,
dans un champ, pas moins de 500 à 700 appelants, des imitations d’oies
blanches. Dans le lot, il y a quelques vraies oies empaillées; d’autres,
grâce à une batterie, battent des ailes de façon constante. Pour attirer les volées d’oies qui nous survolent, Dupuis utilise des
haut-parleurs pour faire résonnes des cris d’oies blanches. Puis, à la vue des volées d’oies qui s’approchent de nos positions, Dupuis
agite un immense drapeau blanc pour le rabattre au sol, comme si des oies
venaient rejoindre nos rangs. Dans les derniers instants du survol des oiseaux, il agite une oie
empaillée au bout d’un bâton, pour montrer aux oies que l’une d’elles a
déjà amorcé son atterrissage au-dessus de nos têtes.
Une année record
Le printemps exceptionnellement hâtif, de très belles conditions
météorologiques jusqu’à la mi-juillet et un taux de prédation assez faible
sont des facteurs qui expliquent pourquoi tant de jeunes oies des neiges
ont survécu. Les biologistes ont donc annoncé que ces volées seraient composées de 30%
à 35% de jeunes oies lors de leur migration vers leurs quartiers d’hiver.
Plus il y a de jeunes oies, plus les chasseurs peuvent s’attendre à un
taux de succès élevé. Selon les dernières observations, c’est plutôt 40%
de jeunes qui participent à la migration, comparativement à une proportion
de 6% à 8%, l’année dernière. Les chasseurs connaîtront donc une saison exceptionnelle cette année. Pour notre part, en sept heures de chasse, nous avons récolté 19 oies
blanches (la limite de prélèvement est de 20 oies blanches par jour, par
chasseur). Cette journée de chasse a été immortalisée par le caméraman
Carl Parenteau, de Sport Action Vidéo, tournage qu’on pourra voir au
Réseau des sports, à une date non déterminée pour l’instant. Les chasseurs pourront rencontrer Philippe Dupuis lors du Salon national
de la pourvoirie, du 12 au 15 février 2004. De bonnes références pour chasser l’oie des neiges cet automne : Philippe
Dupuis au (450) 658-9062, ou la zone d’exploitation contrôlée de l’oie
blanche de Montmagny, en communiquant avec la société d’aménagement et de
conservation des oiseaux migrateurs de Montmagny.
Ouverture de la chasse à
l'oie des neiges
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