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Journal de Montréal - Robert Ménard

Des oiseaux de velours pour attirer les oies des neiges
Par : Robert Ménard
Le Journal de Montréal
ORMSTOWN – Aux premières lueurs du jour, nous apercevons la silhouette des
oies de velours que nous avons plantées, vers 6 heures, dans le sol gelé
d’un champ labouré du rang de la rivière aux Outardes, à Ormstown.
Encerclées par nos appelants, nous attendons que le jour se lève pour nous
terrer dans nos caches. Peu après 7 heures, des nuées d’oies des neiges
apparaissent à l’horizon.
Plus elles se rapprochent, plus leurs cris nous encouragent à fixer notre
regard vers elles, émerveillés, comme si un torrent de pluie venait effacer
un sol aride. Les plus grosses vagues d’oies blanches se jettent au sol
derrière nous. Le camp (regroupement des oies à un endroit précis) se forme
à moins d’un demi kilomètre de nos caches.
Mes compagnons de chasse, Philippe Dupuis et Gilles, qui devraient prévoir
où les oies se réuniraient pour se prélasser au sol, avaient vu juste. De
nos caches de chasse portatives, il ne nous reste plus qu’à attendre que
certaines petites familles d’oies décident de quitter la bande en passant
au-dessus de nos têtes.
L’art de l’appelant
Comme dans toute chasse, le défi est l’approche du gibier. Pour la chasse à
l’oie, les appelants (appâts artificiels imitant l’espèce d’oiseau convoité)
sont les meilleurs atouts que les chasseurs possèdent pour attirer leurs
proies. Philippe Dupuis chasse l’oie blanche depuis une vingtaine d’années,
mais il continue sans cesse de perfectionner son art avec son entreprise,
Les Appelants du Nord-Est inc.
Il y a quelques années, j’utilisais même des oies empaillées pour faire plus
vrai, mais depuis deux ans, j’ai expérimenté des silhouettes d’oies en
coroplaste (affiches de plastique comme celles qu’utilisent les agences
immobilières avec un fini velours », explique Philippe Dupuis.
« Le velours a la particularité d’absorber l’eau, agissant comme un
anti-reflet et imitant à la perfection le plumage, ce qui me permet de dire
que j’ai découvert l’effet trois dimensions. Alors, pourquoi tant de
chasseurs continuent-ils d’utiliser des sacs de plastique blancs qui
réfléchissent la lumière? »
« Comme mes appelants sont très légers comparativement aux coquilles
d’oiseaux cde plastique dont se servent les chasseurs, je peux transporter
jusqu’au site de chasse cinq ou six douzaines d’appelants sans m’éreinter. »
Les leurres artificiels fini velours se vendent de 60 $ à 120 $ la douzaine,
selon que l’on choisisse des appelants de grosseur 24 (juvéniles) ou 32
(adultes) ou encore des vues aériennes (plat et large pour imiter une oie au
sol vue des airs).
Pour obtenir plus de renseignements sur les appelants d’oies ou de bernaches
des Appelants du Nord-Est inc., il suffit de communiquer avec Philippe
Dupuis au (450) 658-9062.
Jouer à L'oie des neiges
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