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Courrier du Sud - François Laramée

Chasse d'hiver à la bernache montérégienne
Par : François Laramée
Le Courrier du Sud
Oh que non, elle n’a pas été facile la chasse à la bernache montérégienne
samedi le 11 décembre dernier.
Une chasse d’hiver, une chasse rude, une chasse pour homme, n’en déplaise à
ces dames…
En fait, rien n’a vraiment bien fonctionné.
Mon guide, Philippe Dupuis, concepteur des Appelants du Nord-Est espérait
une belle excursion.
Il n’avait sûrement pas prévu Mère nature de nos intentions.
Nous nous sommes rendus, de peine et de misère dans le secteur de
Châteauguay, près de la rivière du même nom, dans la tempête et la
poudrerie. Une randonnée hivernale, pour ne pas dire infernale, en pleine
nuit.
Finalement arrivés près de notre champ vers 5h30, où nous devions nous
installer pour attendre les bernaches sortant de la rivière, on ne voyait
même pas le champ.
La poudrerie ravageait le secteur et la météo, facteur vent inclus,
indiquait moins 18 degrés.
Nous attendions une accalmie pour installer les appelants ou champ mais les
bernaches, elles, n’ont pas eu cette patience et elles se sont mises à
passer dans le secteur.
Nous avons tenté de nous installer en catastrophe mais il a fallu faire avec
la situation.
Couchés dans un petit fossé rempli de neige, de boue et… d’eau, nous avons
eu le temps d’installer sept ou huit appelants de bernaches tout au plus car
les oiseaux arrivaient trop vite.
Et avec des vents d’au moins 80 kilomètres, inutile de préciser que les
appelants plantés dans le champ labouré se faisaient un peu trop brasser.
Au bout de trois heures, gelés comme des rats, mouillés et un peu fatigués
de ne pouvoir installer un camp de leurres raisonnable, nous avons levé
l’ancre.
Résultat : tout de même trois belles bernaches du Canada au tableau ainsi
qu’un Beretta ouvert en choux-fleurs.
En effet, j’ai vécu quelques secondes d’angoisse.
Philippe a abattu une outarde qui est tombée au champ blessée.
Elle s’est mise à marcher pour s’enfuir. Je me suis dirigé vers elle mais
j’ai trébuché dans la neige et l’eau en chemin.
Rendu à portée de tir, j’ai épaulé et tiré. Un bruit de métal sourd s’est
fait entendre.
Le canon de mon fusil Beretta semi-automatique s’est ouvert comme une
marguerite.
Lorsque je suis tombé, quelques seconds auparavant, le canon avait touché la
neige et le sol mouillé.
Il s’était formé un bouchon au bout.
Lorsque j’ai tiré, le canon a explosé.
Pas de blessé mais une bonne frousse et une chasse ratée car l’incident
s’est produit moins de 15 minutes après notre arrivée.
Il y a de ces matins comme ça ou rien ne va.
Même « La bible de la sauvagine » qu’est Philippe Dupuis n’y pouvait rien…
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