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Journal de Québec - Julien Cabana - Octobre 1997

Les oies blanches aiment le maïs de Beauce
Avec l’explosion du troupeau d’oies blanches dont la population dépasserait
un million d’individus, comme le veut la coutume pour un migrateur, cette
espèce a trouvé le moyen de s’adapter à une nouvelle nourriture et de
nouveaux endroits pour ses arrêts : les champs de la Beauce.
Elles étaient des dizaines de milliers, encore hier, dans les champs de maïs
des agriculteurs de la Beauce. Qui aurait cru que la rivière Chaudière
ferait partie des cours d’eau du Québec où l’on retrouverait des oies
blanches en pleine migration?
« On peut dire que, depuis cinq ans, les oies sont au rendez-vous dans la
Beauce, mentionne Philippe Dupuis, des Appelants du Nord-Est inc. Elles
savourent le maïs et, maintenant que cette céréale fait partie du régime
alimentaire de l’oie blanche, il est possible de faire de belles chasses à
ce temps-ci de l’année. »
Historiquement, la grande oie blanche utilisait le corridor du fleuve pour
faire sa migration vers les deux Carolines, où elle passe l’hiver. Comme le
caribou a dû s’adapter dans le Grand Nord parce que sa population augmentait
à vue d’œil, l’oie blanche a dû trouver d’autres aires pour se reposer que
le Cap Tourmente et les îles du Saint-Laurent. C’est ainsi que dans sa
recherche de nourriture, elle s’est retrouvée au Lac Saint-Jean, au Lac
Saint-Pierre et dans la Beauce.
« Ce qu’il faut comprendre, c’est que les jeunes qui sont passés par ici à
leur première migration depuis le Grand Nord reviennent ici année après
année une fois qu’ils sont devenus adultes. C’est le comportement normal
pour les membres de cette espèce. »
Nouveaux appelants
Chasseur d’oiseaux migrateurs depuis de nombreuses années, à l’instar de son
père et de son grand-père, Philippe Dupuis a créé des appelants d’un tout
nouveau type qui lui ont valu un brevet au Canada et trois aux États-Unis.
« J’ai découvert ce que vous voyez aujourd’hui par accident, mentionne
Monsieur Dupuis. Auparavant, j’utilisais des oiseaux que j’avais abattus à
la chasse et que j’avais « remontés » en taxidermie. Par beau temps, pas de
problème, sauf qu’aussitôt qu’il y avant de la pluie ou de la neige, les
oiseaux ne venaient plus dans les appelants. Ils avaient peur. C’est alors
que, par hasard, afin de donner des couleurs plus véritables aux appelants
existants, j’ai utilisé du velours. C’est ce qui a donné naissance aux
appelants que je commercialise actuellement. »
Il faut vraiment le voir pour le croire. Hier, malgré un temps exécrable,
les oies s’approchaient des appelants et ne semblaient pas du tout se
méfier, tellement la ressemblance est frappante. Monsieur Dupuis arrive même
à reproduire l’image de jeunes oies grises, que ce soit en silhouette ou
même en trois dimensions. Appeau électronique d’oie blanche
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