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Le Journal de Québec - Julien Cabana - 16 octobre 2002

Des oies plus méfiantes
Par : Julien Cabana
Le Journal de Québec
16 octobre 2002
SAINT-JEAN-PORT-JOLI – La saison de chasse 2002 de l’oie blanche risque de
passer à l’histoire comme une des plus difficiles. Le manque de jeunes et le
fait que les oies ne restent pas longtemps sur place, sont deux éléments
déterminants dans la situation actuelle.
« Depuis le début de la saison, on voit bien qu’il n’y a pas beaucoup de
jeunes dans le troupeau. Les familles que nous pouvons observer ont un ou
deux jeunes alors que, dans les bonnes années, il y a six à huit jeunes par
famille, explique le guide professionnel Philippe Dupuis, qui, depuis de
nombreuses années, passe toute la saison de chasse sur le terrain.
Les familles que nous apercevons en vol sont composées d’oies adultes en
majorité, des oiseaux qui connaissent le tabac et qui souvent ont déjà vu
des chasseurs. Elles sont donc plus méfiantes et plus difficiles à berner.
Le résultat de la chasse est donc inférieur à celui auquel on pourrait
s’attendre pour une population estimée à près d’un million d’oiseaux. »
Selon notre spécialiste, un autre facteur déterminant est le court laps de
temps que les oies passent dans la région, lors de leur arrêt migratoire. «
Normalement, les oies passent plusieurs jours dans le même secteur, allant
de la batture aux champs pour se nourrir durant plusieurs jours, ce qui
augmente nos chances. Cette année, un peu comme il y a deux ans, les oiseaux
arrivent et repartent rapidement vers le sud. Les oies récoltées sont aussi
plus maigres, ce qui démontre clairement que les oiseaux ne font pas de
longues haltes pour se nourrir. »
Chasse au champ
Depuis quelques années, Dupuis a développé le principe de la chasse au champ
pour la récolte d’oies blanches. Il faut dire que les oiseaux ont drôlement
modifié leur patron de migration, étant donné l’explosion de leur
population. Afin de trouver la nourriture dont elles ont besoin, les oies se
rendent dans les champs au lieu de se concentrer uniquement sur les battures
comme avant.
« Il n’y a pas si longtemps, si quelqu’un avait laissé entendre que les oies
se rendraient au Lac Saint-Jean ou dans les champs de la Beauce pour trouver
de la nourriture, il aurait été traité de fou par les spécialistes, commente
Dupuis. La vallée du Saint-Laurent avait toujours été le corridor migratoire
des oies. L’explosion de cette population a obligé l’oiseau à trouver
d’autres sources de nourriture; c’est ainsi que la chasse dans les champs
est née. »
Dupuis a mis au point différentes techniques et de nouveaux appelants. Ses
appelants sont recouverts d’un velours, ce qui empêche qu’ils reflètent le
soleil et inquiètent ainsi les oies. Il a aussi fait différents essais et,
cet automne, il a inventé une méthode de chasse en champ qui combine les
appelants et le déguisement militaire du chasseur, histoire pour lui de se
confondre avec le décor. Cette méthode connaît un certain succès, mais pas
assez, au goût de Dupuis qui veut y apporter des changements.
Ce n’est pas mauvais d’être ainsi assis au sol, mais je crois que l’on
pourra améliorer la chasse en utilisant des caches. J’en suis présentement
aux essais en ce sens. » Les chasseurs qui voudront se joindre à lui l’an
prochain, dans ses champs de Saint-Jean-Port-Joli, pourront donc
expérimenter sa nouvelle méthode qui risque d’être une des meilleures qu’il
aura mises de l’avant.
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