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Journal de Montréal - Robert Ménard

Par : Robert Ménard
Le Journal de Montréal
De nombreux adultes, peu de juvéniles
En 2004, dans la baie de l’Ungava, lors de la période de pondaison des
bernaches, on a assisté à des conditions de températures extrêmes, comme des
chutes de neige et des froids intenses. Beaucoup d’œufs ont tout simplement
gelé. En fait, les spécialistes parlent de la pire reproduction au cours des
12 dernières années.
Ce n’est jamais une bonne nouvelle pour les chasseurs puisque plus il y a de
juvéj9les dans les voiliers, plus le taux de succès à la chasse est élevé.
Il faut comprendre que les adultes connaissent bien le tabac. Ils ont déjà
sillonné les couloirs de migration et peuvent repérer plus facilement les
sanctuaires. Les adultes sont plus craintifs puisqu’ils ont déjà côtoyé des
chasseurs.
Pour leur part, les juvéniles sont comme tous les jeunes, plus
influençables.
Ils prennent position dans les voiliers, mais se laissent attirer plus
facilement vers tout groupe important de bernaches au sol; ils veulent
participer au plus tôt au gros party de bouffe!
Ils apprendront assez tôt que ce n’est pas tous les regroupements de
bernaches au sol qui sont sécuritaires.
Deux ou trois douzaines d’appelants permettront aux chasseurs d’attirer à
coup sûr des bernaches à portée de fusil.
Bonne nouvelle
D’autre part, la bonne nouvelle, c’est que la population de bernaches du
Canada, que l’on retrouve dans l’Ungava, n’a jamais été aussi élevée.
Après le survol des sites de nidification, les spécialistes évaluent le
nombre de bernaches à 176 000 individus.
Une très bonne nouvelle pour les chasseurs mais, puisque les adultes n’ont
pas à traîner derrière eux beaucoup de juvéniles, qui ont moins de
résistance sur des vols de longue durée, aussitôt qu’ils se sentiront trop
menacés, ils poursuivront leur migration.
Bernaches résidentes
Depuis quelques années, de plus en plus de bernaches, qui trouvent les
terres du couloir du fleuve Saint-Laurent, très abondantes en nourriture,
ont décidé de bouder les sites de nidification du Grand Nord québécois.
On dénombre actuellement 2000 couples nicheur résidents.
Actuellement, un groupe de scientifiques de l’Université du Québec à
Montréal procède à une étude d’une durée de quatre ans sur les populations
de bernaches résidentes.
Tous les jeunes oisillons sont capturés dans les nids et étiquetés à une
palmure.
Les femelles capturées sur le nid auront également à porter un collier
d’identification ou pour certaines, un collier émetteur.
Pour le reste des adultes et des juvéniles, on leur passera la <<bague à la
patte>>.
Il est donc primordial que tous les chasseurs qui prélèvent un oiseau
identifié d’une bague, d’une étiquette ou d’un collier de communiquer avec
les responsable de l’étude; prenez note que vous devez composer le 1 800
327-BAND (2263).
Le taux de prélèvement quotidien de la bernache est de cinq par jour, par
chasseur et, pour plusieurs jours de chasse, la limite de possession est de
10 bernaches par chasseur.
La revue Techniques Chasse Pêche publiera, au début d’octobre, un reportage
réalisé par l’un des plus grands spécialistes du Québec, Philippe Dupuis;
celui-ci révèlera pas moins de 35 sites pour chasser la bernache, dans un
rayon de pas plus d’une centaine de kilomètres de Montréal.
La bernache du canada
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